Bio, grand et social à la fois : les Jardins de contrat

Les Jardins de contrat sont probablement le premier maraîcher bio d’Indre-et-Loire. Mais ce n’est pas une entreprise comme les autres : depuis 15 ans, les Jardins de contrat cultivent agriculture bio, aide à l’insertion et développement local.

Bruno Lecoq, leur directeur et fondateur nous a accordé un entretien. Par son plaidoyer pour la diversité des modèles économiques en bio, il bouscule nos a priori. « De la ferme familiale au bio industriel, chacun a sa place ». Dans ce panel, où peut bien se situer une ferme qui utilise des chevaux de traits pour nourrir près de 600 familles tourangelles ?

Fête de la courge 2006

Photo :  Anne Brunner, Fête de la Courge aux Jardins de contrat, septembre 2006

Un petit peu d’histoire
C’est en 1994 que les Jardins de contrat se sont installés à la Ferme du Roucheux, à Montreuil-en-Touraine. Sur une terre ingrate d’une cinquantaine d’hectares, ils ont pris la suite d’un élevage traditionnel laitier. Mais désormais, plus question de vendre le fumier des animaux. Il servira à nourrir les sols : exit les engrais chimiques !

Cette entreprise d’insertion a progressé petit à petit, avec le soutien de la région, du département et de l’Etat. Elle emploie aujourd’hui une cinquantaine de salariés. Dix personnes sont des salariés permanents et quarante environ sont en insertion.

Y a-t-il une limite à ce développement ?

Après de longues années de soin pour ces terres de « rouches » (les joncs), la productivité a fortement progressé. 6 à 7 ha sont désormais cultivés en maraîchage de plein champs. Il faut y ajouter 1.5 ha couverts (tunnels et serres mutichapelle).

Actuellement, la production de légumes permet de nourrir environ 600 familles de Tours et des environs. Elle alimente également pour partie Val Bio Centre, un groupement de producteurs qui livre les « Paniers du Val de Loire » sur Paris et Orléans.

Cette croissance très rapide peut-elle se poursuivre au même rythme les prochaines années ? La réponse de Bruno Lecoq est sans détour : rien n’empêcherait d’atteindre 2000 paniers, voire plus. Le montant des subventions publiques diminuant ces dernières années, c’est bien le chiffre d’affaires des paniers qui doit prendre le relai du développement de la Ferme.

Pour une « biodiversité » des modèles économiques en bio

« Tout le monde a sa place ». Devenir le premier maraîcher du département n’a pas empêché les Jardins de contrat de participer à la création de Val Bio Centre. En supprimant les intermédiaires entre producteurs et consommateurs, ce groupement permet d’obtenir des prix de vente suffisants à la survie de petits maraîchers. De même, les Jardins de contrat ont soutenu la création de l’AMAP Bio-en-Brenne , aidé à l’installation d’un nouveau maraîcher, Marc Guyen à Limeray et initié un marché gourmand à Chateaurenault.

Bruno Lecoq n’hésite pas à prendre également la défense des « gros » : pourquoi pas un maraîchage bio « industriel », avec des méthodes de travail proches du conventionnel ? 20 hectares de poireaux par exemple, ça permet de mécaniser, de réduire ses coûts et de se placer auprès des centrales d’achat de la grande distribution.

La traction animale : ce n’est pas du folklore !

 Jean Louis photo Sabots, multichapelle

Photo :  Sabots Magazine , HS n°2, actuellement en kiosque.

Retour à la Ferme du Roucheux, qui suit une voie probablement unique en France. Ici, l’élevage a toujours été associé au maraîchage, au moins pour le compost et la fertilisation des terres. Depuis quelques années, les percherons et ânes du Berry présents à la Ferme sont utilisés directement pour le travail des sols (reprise des sols au printemps, binages, transport des légumes, débardage occasionnel). Le cheval, en plus d’être silencieux et de ne pas boire de fioul, a l’avantage de ne pas tasser les sols et de pouvoir passer même sur des terres encore gorgées d’eau à la fin de l’hiver. Grâce à lui, les maraîchers peuvent « rattraper la saison » et gagner trois semaines par rapport au tracteur.

Et surtout, ils constituent un irremplaçable outil d’insertion : pas question de conduire un cheval dans un champ en pensant à autre chose ! L’animal exige une attention et une assiduité au travail de chaque instant.

N’angélisons pas ce choix : le cheval exige aussi une présence de chaque jour, un travail très pénible physiquement, des outils adaptés et des bourreliers compétents, des savoir-faire qui ont pratiquement disparu aujourd’hui. D’ailleurs, à Roucheux, c’est le pragmatisme qui prévaut : certains travaux sont faits à cheval, les autres avec le tracteur.

Un panier bio, en pratique

Panier 5 juin

Les jardins de contrat livrent près d’une trentaine de points de dépôt. Ils couvrent ainsi l’agglomération de Tours et les zones de Château-Renault, Reugny, Saint-Ouen-les-vignes et Amboise, en se déplaçant au plus près des habitants.

Pour profiter de ces légumes fraîchement récoltés, il faut adhérer à l’association et s’engager pour un an. Pour 9 € par semaine, on reçoit un panier composé des légumes de saison récoltés les jours précédents à la ferme. Des légumes de saison, donc, dont les adhérents ont la surprise et qu’ils apprennent progressivement à accommoder. La « feuille de chou » qui accompagne le panier donne les dernières nouvelles de la ferme et des idées à cuisiner.

En cette première semaine de juin, le panier contenait un concombre, une botte de radis, une salade et une botte d’asperges.

Pour en savoir plus…

Le site des Jardins de contrat présente toutes les activités de la ferme, du maraîchage biologique à la ferme pédagogique, en passant par l’éco construction et la traction animale.

La liste complète des points de dépôts et les horaires de livraison.
Association Les jardins de Contrat
« La ferme du Roucheux »
ROUCHEUX
37530 MONTREUIL EN TOURAINE

Bio, grand et social à la fois : les Jardins de contrat dans Portraits à  la ferme contact_tel Secrétariat 02 47 30 05 56
contact_fax dans Portraits à  la ferme Fax 02 47 30 44 69
contact_mail eMail infos@jardinsdecontrat.fr

Couverture sabots

Sabots, un magazine spécialisé sur le thème du cheval, a consacré récemment son Hors-série n°2 à la traction animale en agriculture.  De longs articles magnifiquement illustrés racontent le travail des champs au côté des chevaux à Roucheux. Devinez qui figure sur la photo de couverture !


 

 

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