Un café géo sur l’agroindustrie… et l’agroécologie

La dernière séance des Cafés géo de l’Université populaire de Tours était consacrée à l’agroindustrie et à ses alternatives. La salle était comble. Si vous n’étiez pas présent, prenez donc un café… et parcourez ci-dessous notre retour sur cette soirée passionnante. 

L’orateur principal de cette soirée passionnante était Jacques Caplat, agronome et auteur de plusieurs ouvrages sur l’agriculture biologique. Le site internet d’InPACT 37 rend compte de quelques-uns de ses propos.

Sa mini-conférence était suivie d’une présentation des initiatives locales pour le développement de l’agriculture biologique et paysanne en Touraine.

Jacques Thibault présentait le travail d’InPACT 37 avec les agriculteurs, les élus et les citoyens. Christian Moron a pris la parole au nom d’ATABLE pour inviter le public à « manger bio et local ».

Vous pourrez lire ci-dessous les notes qui ont guidé Christian dans son intervention.

ATABLE se présente

Tout d’abord, l’acronyme : ATABLE est l’Association Tourangelle pour une Alimentation Biologique Locale et Équitable. Notre but est de promouvoir en Touraine, une consommation responsable, respectueuse des hommes, de leur environnement et accessible à tous.  Notre volonté est de créer et d’agir collectivement. Cela nous a rapidement amené à nous associer aux réseaux d’agriculture biologique, du département et de la Région Centre, en adhérant à InPACT37, et à Bio Centre.

 Pour des raisons diverses nous pouvons dire aujourd’hui, que la consommation de produits bio augmente et devant la puissance de la grande distribution, il nous paraît urgent d’accompagner les habitants de la Touraine, dans une démarche de proximité.

Nous nous interrogeons notamment sur les moyens à mettre en œuvre pour rendre cette consommation accessible à tous. Nous croyons à la nécessité de faire connaître les modes de distributions locaux et de donner envie aux citoyens de s’approprier les produits bruts, dans l’intérêt de notre environnement, de notre santé et d’un territoire résilient.

 

Acheter bio et local, pourquoi ?

Acheter bio ? Jacques Caplat vous a sans doute convaincu de l’intérêt de l’agriculture biologique pour l’environnement. Mais alors, pourquoi acheter bio et local ?

Une des raisons qui vient facilement dans nos têtes est la fraîcheur, la saveur. On comprend très vite, que la proximité de la production, la récolte à maturité et l’achat en direct, garantissent saveur et fraîcheur. Sans oublier les variétés locales de fruits et légumes et les races d’animaux endémiques, moins connues mais rustiques et parfaitement adaptées à notre région.

Aussi ne pourrait-on pas penser, que le bio et local est « mieux pour l’environnement ». Effectivement, une alimentation biologique locale bien pensée permet d’éviter les transports inutiles, améliore significativement la qualité des sols, de l’air, de l’eau, et favorise la biodiversité.

Autour de nos villes et de nos lieux de vie, avoir une agriculture de proximité présente aussi quelques avantages. Soutenir une agriculture diversifiée et à petite échelle, c’est préserver des emplois locaux et freiner la disparition des terres nourricières. Nous ne serons pas fâcher non plus de voir de beaux paysages et quelques animaux dans les prés.

Une autre raison aussi que nous pensons importante, est l’équité des échanges. En soutenant les productions vivrières locales, nous participons à une meilleure autonomie de chaque région du monde et une juste rémunération des paysans d’où qu’ils soient. Du Nord comme du Sud.

Enfin, acheter local, c’est créer plus de liens sociaux. Acheter local, c’est aussi savoir d’où vient ce que l’on mange. En nous intéressant aux conditions de production de notre alimentation, nous créons, entre producteurs et consommateurs, une nouvelle convivialité et plus de solidarité.

Donc, « Acheter bio et local, c’est idéal ». Concrètement ça veut dire, acheter ailleurs qu’au supermarché !

 

Est-il possible de se désengager totalement de la grande distribution ? Comment consommer autrement ?

Le fait de consommer autrement, n’est pas qu’un simple regard sur un autre mode de consommation. Chacun doit trouver son propre chemin, pour passer du tout caddie au tout cabas.

Nos modes de consommation sont souvent liés aux priorités et aux besoins qu’on se donne et modifier son comportement, nécessite de s’interroger. Certains privilégies la santé, d’autres le soutien à une agriculture alternative, d’autres pour améliorer notre environnement, d’autres pour accompagner le coté social de certain projet, … autant de raisons pour initier le changement ou changer significativement sa vision de la consommation.

Un point peut être important à retenir : « Quelques en soient les raisons, l’acte d’acheter n’est pas anodin, il influence forcément un système ou un autre » comme le dit Pierre Rabhi.

Nous, associations, nous sommes simplement là pour vous accompagner et vous informer sur les avantages des produits bio et locaux, sur leurs lieux de distribution, comment les utiliser, les cuisiner, mais c’est votre engagement dans ces modes alternatifs qui fera la différence.

Sachez qu’il y a un nombre croissant de citoyens qui s’approvisionnent en Bio et Local, et qu’à travers les deux versions de notre guide, nous avons pu mesurer un triplement des personnes engagées en AMAP, 500 en 2011 pour 1500 en 2014.

Une autre donnée : en 2011, nous comptions en Indre-et-Loire 171 adresses pour manger bio et local. En 2014, nous en répertorions 230. Ce n’est donc plus un effet de mode un grand nombre de consommateurs achètent bio et local, cela se confirme.

 

Quelles alternatives à la consommation en grande distribution ? Où acheter bio et local ?

En premier lieu on pense à ceux qui produisent. C’est vrai, des producteurs ont choisi de distribuer eux mêmes leur produits soit directement à la ferme, soit sur les marchés. Légumes, fruits, produits laitiers, viandes, pains… autant de produits divers de première nécessité à portée de main. N’hésitez pas à vous renseigner, les producteurs ont souvent des possibilités de distribution auxquelles on ne pense pas. Vous pouvez aussi les rencontrer, d’ailleurs j’en profite pour vous informer que tous les ans à l’occasion « de ferme en ferme », dernier week-end d’avril, un parcours dans l’Indre-et-Loire est organisé, où nous sommes invités à découvrir non seulement les produits, mais aussi les hommes et leur ferme. C’est un moment qu’il faut vraiment privilégié.

Les magasins – sur le département nous en avons deux types :

  • les magasins distribuant du bio
  • et les magasins à la ferme où l’on peut retrouver des produits des producteurs et ceux des producteurs voisins.
  • Un troisième genre commence à pointer son nez, les magasins de producteurs, nous en avons un exemple dans le 37 « Le Ptit Gibus », qui est un magasin mobile de producteurs et deux autres magasins fixes sur Loches et Chambray proposant des produits locaux mais pas forcement bio.

Les lieux de distribution

Qui rentre dans cette catégorie ?

  • les groupements de consommateurs. Ce sont des consommateurs qui s’organisent pour grouper leurs commandes, se chargent du conditionnement des produits et de leurs distributions. Le but est de bénéficier de prix plus bas.
  • Vous avez sûrement aussi entendu parler des AMAP « Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne », la principale différence avec le groupement de consommateur est l’engagement qu’il y a avec le producteur. Le groupe de citoyens s’engage à acheter à l’avance la production d’un agriculteur sur une saison ou une année. La production est partagée entre les adhérents. C’est un système solidaire qui permet à l’agriculteur de se protéger des aléas de la météo et du marché. Une AMAP entretien des liens direct et privilégiés avec le producteur.
  • Il y aussi un mode répandu, « Les paniers précommandes ». Des producteurs ou des revendeurs vous livrent des paniers bio ou vous proposent de venir les chercher. Il y a plusieurs modèles, ça va du panier ou l’on ne choisi pas les légumes, aux paniers que l’on peut composer.

Nous savons aussi qu’il existe d’autres initiatives comme « la ruche qui dit oui »

C’est un site internet qui a pour but de réduire le nombre d’intermédiaires entre producteurs et consommateurs. Il n’y a pas a notre connaissance de contrats stables entre les ruches et leurs fournisseurs, et par ce fait il est difficile de savoir de manière durable si les produits sont bio et locaux. Si vous choisissez ce mode nous vous conseillons de vous renseigner au préalable.

Voilà pour les modes d’approvisionnement en produits bio et locaux de notre département.

Pour ceux qui ne l’aurait pas encore, vous pourrez vous procurer gratuitement à la fin de ce Café Géo notre guide, ou vous trouverez ces différentes démarches et une très grande partie des adresses pour manger Bio et Local dans notre département, et le dépliant « Pour vos amis bio-sceptiques », pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus.

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